Le starter bruxellois est ambitieux

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    L’Agence Bruxelloise pour l’Entreprise (ABE) étudie, depuis 10 ans, le profil et la trajectoire des créateurs d’entreprise en Région de Bruxelles-Capitale. En 2011, l’entrepreneur qui a créé son activité l’a fait par ambition (50%) et passion (16%) . L’entrepreneuriat par nécessité (16%), soit celui qui crée une entreprise pour se donner un emploi, est en net recul par rapport à l’étude précédente (23%). L’entrepreneur de 2011 est ambitieux, il a des projets de croissance et de développement à l’international. Son niveau d’éducation est élevé et il dispose déjà d’un emploi.

    L’étude Starter a été réalisée par l’ABE, en collaboration avec Sonecom, sur un échantillon représentatif de 401 personnes qui ont pris un numéro d’entreprise en 2011 (au total 10.295 entreprises ont été créées en 2011 en région bruxelloise). Les créateurs d’entreprise ont été contactés personnellement par téléphone.
     
    En 10 ans, les grandes caractéristiques n’ont pas changé. Ce sont des personnes de sexe masculin (69%), généralement âgés de 25 à 44 ans (64%), pour la plupart de nationalité belge (72%).
     
    Deux tendances se distinguent :
    • une progression de l’entrepreneuriat « cheveux gris », les entrepreneurs âgés de 55 ans et plus (14% en 2011, contre 4% en 2001)
    • une augmentation de la part des créateurs diplômés de l’enseignement supérieur (71%, contre 59% en 2001).

    Salariés, ils créent leurs entreprises. Quelles sont leurs ambitions?

    La plupart des créateurs sont issus du milieu professionnel. 70% avaient un travail de salarié contre 58% en 2004, et 22% exerçaient une activité en tant qu’indépendant. La part des anciens salariés dans le nombre de créateurs a progressé et, de façon corollaire, celle des autres statuts professionnels (demandeurs d’emploi et étudiants) a diminué.
     
    66% sont novices en création (contre 59% en 2011). Deux tiers de ces entrepreneurs n’avaient aucune expérience dans le domaine de la création d’entreprise avant de se lancer. 
     
    Deux tiers des créateurs sont nourris principalement d’ambition (50%) ou de passion (16%). L’entrepreneuriat de nécessité (16%), souvent mis en relation avec un taux de chômage élevé, est donc loin d’être la motivation principale des créateurs bruxellois.
     
    Cette ambition se reflète également dans les projets des nouveaux entrepreneurs. Un quart des créateurs projettent de développer un nouveau produit ou service, ou encore d'ouvrir une filiale. La plupart (86%) souhaitent poursuivre le développement de leur entreprise dans les 5 prochaines années et un entrepreneur sur 6 souhaite développer ses activités à l’échelle internationale (17%). La majorité des créateurs ont pour ambition de créer une entreprise occupant du personnel : 37% des entrepreneurs désirent employer quelques personnes dans leur entreprise tandis que 16% souhaitent développer une entreprise à potentiel de croissance, c’est-à-dire occuper 30 à 40 personnes dans les 5 ans. 

    L’accompagnement, un besoin jugé utile mais encore trop peu utilisé

    L’accompagnement en création d’entreprise est très bien perçu par les entrepreneurs : 8 créateurs sur 10 jugent celui-ci à priori utile voire très utile. Et dès que le créateur a fait appel à de l’accompagnement, il en est content. Le taux de satisfaction est extrêmement élevé : 96% ont jugé l’accompagnement très utile ou utile.
     
    Cependant, seulement 50% considèrent qu’ils ont été accompagnés durant leur parcours de création : 80% de ces personnes ont fait appel à des professionnels, publics ou privés, tandis que 17% ont été conseillées par leur famille ou des connaissances.
     
    Les entrepreneurs sont encore trop nombreux à ne pas connaître les structures privées ou publiques qui offrent ce type d’accompagnement. Le numéro 1819 qui informe et oriente les créateurs d’entreprise et les entrepreneurs à Bruxelles, a un rôle important à jouer. Ce service de première ligne, créé en 2010 et géré par l’ABE, a pour objectif d’orienter les entrepreneurs et futurs créateurs vers les structures qui seront les plus à même de les accompagner en fonction de leurs besoins et ainsi d’augmenter leurs chances de réussite.
     
    « En 2012, nous allons intensifier notre communication autour du 1819 afin que les entrepreneurs prennent le réflexe d’appeler ce numéro pour trouver le bon interlocuteur. Nous seront présents sur un maximum de points de passage obligés pour créer une entreprise à Bruxelles : les communes, les guichets d’entreprise, ... » explique Annelore Isaac, directrice  Informations et Réseaux de l’ABE.