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    Anne-Catherine Mailleux, fondatrice de Domobios

    Anne-Catherine Mailleux est sur le point de créer sa petite entreprise, qui s’appellera « Domobios ». Avec un premier objectif presque atteint : créer un produit qui permet d’éliminer les acariens sans utiliser d’insecticides. Le brevet est déposé, la solution en est au stade du prototype.

    Quand vous est venue l’idée de créer votre petite entreprise ?

    « En fait, j’étudie depuis pas mal d’années la communication entre ces petites bêtes, les araignées, les fourmis, etc. Mais c’est au détour d’une discussion avec Thierry Hance (professeur ordinaire à la Faculté des Sciences de l’UCL) que l’idée est venue.

    Le constat était que les acariens sont finalement assez mal connus, alors qu’ils provoquent de nombreuses allergies chez l’être humain, causent de nombreuses pathologies. Bien sûr, les chercheurs ont rapidement découvert à quel point le rôle des acariens peut être nocif, mais on a surtout cherché à les éliminer avec des insecticides. Cette discussion a été à l’origine de mon projet d’entreprise : comment éliminer les acariens sans recourir aux insecticides.

    A partir de là, j’ai commencé à chercher des subsides qui me permettraient de travailler sur cette question en mêlant recherche fondamentale et recherche appliquée. Cette première phase de travail a commencé il y a quatre ans à l’ULB, dans le laboratoire de Jean-Louis Deneubourg et Claire Detrain avec le soutien d’Innoviris. La recherche de base consistait à étudier comment les acariens communiquent entre eux – c’est une communication chimique – pour ensuite pouvoir piéger les acariens»

    DomobiosQuel est le « plus » de votre recherche ?

     « Le petit « plus » est d’utiliser le « vocabulaire » des acariens, les molécules chimiques qui sont le support de leur communication pour les attirer dans un piège. La deuxième phase de ma recherche, mettre au point le dispositif qui piège les acariens a été menée à l’UCL, dans un laboratoire plus adapté à une recherche appliquée. Et là, maintenant, j’en suis au stade du prototype, qui a déjà été envoyé à des testeurs. Il piège près de 90% des acariens. Globalement, c’est très positif même si, comme c’est d’ailleurs toujours le cas avec les prototypes, on a décelé deux trois défauts. D’ici deux mois, le produit sera tout à fait au point. »

    Les défis pour les prochains mois ?

    « Oh, il y en a pas mal !  D’abord, peaufiner notre solution anti-acarien et la mettre en production : une couverture fabriquée dans un tissu spécial et un spray. On dépose le tissus sur le matelas ou le divan que l’on veut purger de ses acariens, on le parfume avec le spray, les acariens attirés par l’odeur se réunissent dans la couverture et hop ! à la machine à laver, et on tue les bébêtes… Voilà pour le principe. Concrètement, la solution que nous avons développée fonctionne bien, elle est efficace. Le tissu sera fabriqué par un sous-traitant, le spray et le packaging devraient être produits par un atelier protégé situé à Bruxelles.

    Deuxième défi important, roder notre équipe. Depuis la fin du mois de mai, c’est fait, l’équipe est composée, nous serons deux, Pierre Buffet, qui va se charger de la partie financière, et moi, plus en charge de la recherche et développement.

    Ensuite, troisième gros défi, trouver l’argent nécessaire pour faire décoller la société (locaux, matériel, R&D…). Bref, un budget à trouver de 350.000 euros. On n’a pas encore rencontré de banquiers, mais des business angels, oui, et l’accueil de notre projet a été excellent. En fait, on doit encore mettre la dernière touche au business plan et mettre en place la stratégie de distribution qu’on a décidée tout récemment : on va très certainement vendre ce produit dans les pharmacies, les parapharmacies et les magasins bio. »

    AcarUpLes coups de pouce qui ont compté ?

    « Celui de mon parrain d’entreprise Vincent Cambier, dont les conseils sont toujours extrêmement précieux. J’ai reçu aussi pas mal de soutien de la part de la Sopartec, la société de transfert de technologie et d'investissement de l'UCL dont la mission est de valoriser les résultats des recherches par la création de spin-offs et la négociation d'accords de licence.

    La recherche fondamentale sur les acariens, le développement du dispositif qui les piège et le projet d'entreprise ont été financés par INNOVIRIS,  l’Institut Bruxellois pour la Recherche et l’Innovation. Ce financement d'un montant  de 707.000€ a couvert une période de 7 ans."

    J’ai aussi eu la chance de travailler avec l’ABE, en particulier Patricia Foscolo et Julie Lenain, qui entre autres choses, me font bénéficier de leur réseau et de leur expérience dans l’accompagnement d’entreprises débutantes. »

    Interview : Adrien Mintiens

    En bref

    Nom : Anne-Catherine Mailleux
    Fonction : Fondatrice
    Date de naissance : 1966
    Diplômes principaux : docteur en sciences et MBA Louvain School of Management
    Secteur d’activité : biotechnologies, parapharmacie
    Nombre d'emplois : 3
    Philosophie : « Les grands voyages commencent par un petit pas »
    Coordonnées :
    Domobios S.A.
    150 rue Theodore Verhaegen à 1060 Bruxelles - Tel : 02/543 44 17
    Mail : acmailleux@domobios.com - Web : http://www.domobios.com