• Print

    Benjamin Vandorpe, propriétaire de BISLighting

    Quand Benjamin Vandorpe a acheté BISlighting, en janvier 2008, il a choisi de travailler main dans la main avec Herman Anseeuw, l’ancien propriétaire. De leur complémentarité naissent de nouvelles ambitions, et une unité renforcée.  

    Depuis quand êtes-vous à la tête de BISlighting ?

    Benjamin Vandorpe : J’ai acheté l’entreprise en décembre 2007. Je me trouvais déjà dans le secteur du luminaire depuis un an et demi, avec ma propre entreprise, Aluci, spécialisée en produits design pour particuliers. Comme j’avais gagné deux prix de design, l’intérêt pour mes produits allait grandissant mais je ne possédais pas l’organisation nécessaire pour pouvoir y faire face. J’ai recherché des solutions auprès d’investisseurs, pour agrandir ma société ou pour reprendre une affaire complémentaire dans le secteur. BIS Lighting cherchait un repreneur. L’entreprise possédait déjà une grande structure, avec 25 personnes à son service, ainsi qu’un nom connu dans le secteur. Ses activités, plutôt dirigées vers les clients industriels, étaient tout à fait complémentaires à celles d’Aluci.

    Herman Anseeuw : Je possédais BIS Lighting depuis 1999, quand j’ai effectué un Management Buy Out. Le chiffre d’affaires a doublé en huit ans. Cette année, je fête mes 60 ans et, comme je n’ai pas de successeur, j’ai cherché un repreneur. J’ai vendu avec la raison, pas avec le cœur. 

    Comment BIS Lighting a-t-elle commencé ? 

    BislightingHerman Anseeuw : Au départ, il s’agissait d’une entité de fabrication de Obreg, une société qui n’existe plus aujourd’hui. Obreg a fusionné avec Elma, pour former Elma-Obreg. Ce nouveau groupe a acheté une entreprise situéet à Haasrode, BIS België, la filiale belge du groupe néerlandais BIS. La maison mère est tombée en faillite, mais le nom de l’entité belge est resté et les activités de fabrication de luminaires sont concentrées sous le nom de BIS België. Ensuite, Elma-Obreg a fusionné avec CBC. De ce rassemblement est né Cebeo un grossiste qui existe encore. Cependant, Cebeo a décidé, en 1998, de se séparer des activités qui ne relevaient pas de son « core business ». Au moment du Management Buy Out, le nom BIS est resté, mais adapté en BIS Lighting. La société a racheté ensuite Moonlight Design en décembre 2005, ce qui nous a permis de démarrer l’activité de luminaire destiné aux consommateurs privés. 

    Quelles sont les activités exactes de BIS Lighting ? 

    Benjamin Vandorpe : Nous produisons nous-mêmes les luminaires que nous produisons en série ou en pièces uniques. Le processus de fabrication va de la mise en forme, la soudure et la peinture des luminaires au placement des circuits électriques et des lampes proprement dites. En outre, nous concevons des projets entiers d’éclairage, l’éclairage de grandes surfaces ou des pièces uniques destinés à des particuliers ou à des entreprises. Notre travail consiste alors à dessiner des plans et fabriquer les luminaires ainsi conçus. 

    Comment faites-vous face à la diversité de ces activités ? 

    Benjamin Vandorpe : Nous avons opté pour le multibranding. Nous faisons tout chez BIS Lighting mais nos différentes marques s’adressent aux différents types de clientèle : Moonlight Design pour ceux qui cherchent des produits en inox et verre, plutôt de style Art Déco, Aluci pour les amateurs de design moderne, et /Attitude pour ceux qui cherchent des luminaires techniques, et BIS Lighting qui produit le tout et gère les projets. 

    Qu’avez-vous mis en place depuis trois mois ? 

    Benjamin Vandorpe : BIS Lighting a participé pour la première fois au salon biennal « Lights + Buildings » de Francfort. Cela représente une étape importante, parce que, pour le moment, 85% du chiffre d’affaires de BIS Lighting est généré en Belgique. Or, de nombreuses possibilités existent également dans d’autres régions. Nous sommes revenus avec de très bons contacts. 

    Quels sont les atouts de BIS Lighting face à la concurrence internationale ? 

    Benjamin Vandorpe : Notre flexibilité, en tout premier lieu. Nous pouvons créer des luminaires en grande et en petite quantités, sur mesure ou en série, et en peu de temps. En cela, nous nous distinguons nettement des concurrents qui produisent dans les pays de l’ancien bloc de l’Est ou en Asie, et qui fabriquent surtout des produits en grandes quantités. Nous n’avons, en outre, aucun concurrent qui fait entièrement la même chose que nous, surtout en ce qui concerne les grands projets d’éclairage de magasins ou de bureaux. 

    Connaissiez-vous le secteur du luminaire avant BIS Lighting ? 

    Benjamin Vandorpe : J’ai une formation de base d’ingénieur. J’ai touché au luminaire au cours de mes études, dans le cadre de projets d’étudiants, mais sans plus. Par la suite, j’ai suivi des cours de marketing, puis un MBA à la Vlerick Univesiteit de Louvain.

    Ma carrière a commencé chez Barco, le producteur de projecteurs géants, puis j’ai travaillé comme Global Business Director chez Dymo. Ce poste m’a donné une expérience considérable en gestion internationale. Cependant, je rêvais toujours de posséder ma propre société. Mon grand-père était entrepreneur, il fabriquait des meubles uniques, avec une équipe de 25 personnes.

    A un certain moment, j’ai décidé de me lancer. J’avais toujours gardé un œil sur le secteur du luminaire. J’ai décidé d’y entrer. Depuis lors, je me suis formé en luminaire, et je continue. 

    Herman Anseeuw : Moi, j’ai un diplôme d’ingénieur industriel et j’ai toujours travaillé dans le luminaire. Au moment du MBO, j’ai dû me former aux autres aspects du métier de directeur d’entreprise. C’était plus facile dans le temps qu’avant. Les techniques et produits se sont multipliés, depuis lors. Je connais le secteur à fond, mais je n’ai pas les mêmes compétences que Benjamin Vandorpe, qui apporte d’autres atouts. C’est pour cela que notre complémentarité est importante : mes faiblesses sont ses forces. 

    Benjamin Vandorpe : « Faiblesses », c’est un grand mot ! 

    Quels sont vos projets pour l’avenir ? 

    Benjamin Vandorpe : Tout d’abord, bien soigner les clients que nous avons déjà. Ensuite, grandir en engageant des ingénieurs et techniciens, ce qui s’avère très difficile. Enfin, nous tourner vers l’extérieur, mais pas dans le monde entier. Nous nous limitons aux régions proches en ce qui concerne les projets spéciaux.

    Herman Anseeuw : Nous exportons partout dans le monde, mais pour les projets spéciaux, il faut pouvoir assurer une présence sur place et opérer un suivi. Notre terrain d’action est, par tradition, tout le territoire accessible dans la journée. Le danger serait de vouloir tout faire, d’aller plus loin, mais sans pouvoir assurer une qualité de travail. Dans ce cas, l’entreprise ne durerait pas longtemps. 

    Qu’est-ce que l’ABE vous a apporté ? 

    Benjamin Vandorpe : Elle nous a montré les possibilités offertes à Bruxelles, lors de foires, par exemple. Elle nous aide aussi dans le recherche de personnel, notamment par l’ouverture d’un dossier pour subsidier une personne. 

    Est-ce important pour vous de rester à Bruxelles ? 

    Benjamin Vandorpe : Oui, c’est une position centrale, vers laquelle les clients se déplacent. Nous tenons tellement à rester ici que nous venons de renouveler le bail. 
     
    Site web: www.bislighting.be 



    Propos recueillis par Carline Taymans.