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    Fabrizio Massimo, administrateur délégué de Hitaltech

    Petite société familiale installée à Auderghem, Hitaltech s'est développée dans le créneau des composants électroniques. Mais aujourd'hui, la croissance de l'entreprise passe par l'utilisation des LED, considérés comme « la » technologie de l'avenir pour l'éclairage. Rencontre avec Fabrizio Massimo, l'administrateur délégué d'Hitaltech. 

    Quand la société a-t-elle été créée?

    « Hitaltech est une société familiale spécialisée dans la distribution de composants électroniques, par exemple des connecteurs. Nos clients se trouvent essentiellement dans des secteurs comme l'automobile, les produits blancs (lave linge, lave-vaisselle, etc.) ou l'industrie en général. Nous sommes présents dans plusieurs pays en Europe, la Belgique bien sûr, mais aussi le Royaume-Unis, l'Italie, l'Allemagne, la France. 

    Notre objectif consiste essentiellement à accompagner nos clients, souvent des filiales de grandes multinationales cotées en Bourse, mais aussi des petites 'boîtes', en leur fournissant les composants dont ils ont besoin pour qu'ils maintiennent leur activité de production ici en Europe. Je ne vous cache pas que c'est de plus en plus difficile dans le marché actuel... Vu la taille de notre entreprise, nous sommes surtout actifs sur des produits de niche, mais des produits dont nos clients ont besoin pour résoudre un problème auquel ils sont confrontés dans leur processus de production. » 

    Hitaltech est une PME familiale. Par qui et quand a-t-elle été créée? 

    « La société a été créée au milieu des années 1980 par mon père, déjà dans ce créneau des composants électroniques. Au départ, Hitaltech servait surtout d'antenne en Belgique pour une société italienne produisant des composants là-bas. Le patron était un ami de mon père... Mais avec le temps, cette société a commencé à moins produire elle-même et à importer davantage depuis la Chine. Et ça, on pouvait le faire aussi, même si on ne trouvait pas la solution très intéressante: marges bénéficiaires insignifiantes et problèmes de qualité. Donc, progressivement, les relations commerciales se sont distendues puis éteintes – il n'y pas si longtemps que cela – avec cette société italienne. En échange, nous avons privilégié deux ou trois producteurs européens de composants. » 

    C'est vous qui avez pris la décision? Quand? 

    « Après un passage dans l'industrie du câble et de la fibre optique (Pirelli d'aborduis une filiale de Sidmar spécialisée dans l'électronique industrielle), j'ai rejoint l'entreprise familiale au milieu des années 1990. Au départ, c'est vrai, je n'avais pas du tout imaginé d'entrer dans l'entreprise créée par mon père. Mais il y a eu un concours de circonstances qui a rendu cette démarche possible. Lorsque je travaillais dans le groupe Sidmar, j'avais été amené à créer des filiales en Italie et en France mais la partie électronique industrielle a fait l'objet d'un MBO, ce qui réduisait de fait mon autonomie dans le groupe. Au même moment, il devenait clair que les choses devaient bouger chez Hitaltech. Il fallait réorienter la stratégie de la société, c'était un défi très intéressant et donc, j'ai franchi le cap. » 

    L'idée c'était quoi? Devenir producteur de composants électroniques vous-mêmes? 

    « Pas vraiment dans la mesure où Hitaltech était déjà devenu un producteur de composants électroniques. En 1995, nous avons racheté une petite société allemande fabricant des composants. Avec le temps cette filiale s'est très bien développée pour arriver à un chiffre d'affaires de 12 millions d'euros il y a deux ans. Nous l'avons alors vendue. Il y avait une offre intéressante, nous l'avons saisie. Or au même moment se présentait à nous une nouvelle opportunité de croissance, que nous avons pu saisir grâce à l'argent dégagé de la vente de la filiale allemande. » 

    Et c'est là que vous entrez dans le monde des LED... 

    « Ca ne s'est pas fait d'un coup de baguette magique. Si vous voulez, notre positionnement est simple: répondre à un besoin précis de nos clients en matière de connectivité. Du genre: « Oups, on a sous-estimé la difficulté pour assurer les connections entre circuits d’une machine à laver ou d’un phare automobile ». Ce n'est pas que les constructeurs de machines à laver ou de phares de voiture oublient ce « détail », c'est plutôt qu'ils ne le considèrent pas toujours comme un élément crucial de leur fabrication. Or c'est bien le cas. Mais nous voulions aller plus loin, dégager une nouvelle valeur ajoutée avec ces câbles en y apposant des composants électroniques. Et nous avons pensé aux LED. » (1) 

    Comment avez-vous organisé le développement de ce type de produit combinant câble et LED? 

    « Pour le dire franchement, nous avons commencé par bidouiller un câble sur lequel on a mis des LED. Nous avons montré notre concept lors de la plateforme de rencontres entre entreprises européennes « LED4Europe », organisé par le Brussels IRC (aujourd'hui Enterprise Europe Brussels) avec le concours d'Agoria et de Sirris.  Nous avons eu à cette occasion un retour incroyable des autres exposants et des visiteurs. Notre usine en Allemagne a engagé quelqu'un et acheté des machines, mais sans grand succès. On s'est alors mis à chercher un partenaire capable de nous aider à développer sérieusement le produit. Pas simple non plus... Il nous a semblé que le plus cohérent serait alors de piloter le projet nous-mêmes, depuis Bruxelles. 

    A ce moment-là, nous avons bénéficié du support du Brussels IRC. Grâce aux rendez-vous préprogrammés organisés lors de "LED4Europe", ils ont pu nous fournir beaucoup d'adresses et de noms en Belgique, aux Pays-Bas et ailleurs. Des universités, des entreprises, etc. Toutes liées au monde des LED. Et puis, coup de chance, une discussion une après-midi en Italie avec un client, un client qui connaissait quelqu'un qui... A la fin de la journée, j'avais en mains un échantillon probant. Après deux années de recherches, le hasard, la chance. Mais en même temps, cette chance, il faut la provoquer et je crois que c'est ce que nous avons fait. Via les contacts obtenus grâce à « LED4Europe », nous avons signé 2 accords de collaborations avec des partenaires français et néerlandais rencontrés grâce au Brussels IRC ». 

    Et là, tout s'est mis à rouler facilement... 

    Hitaltech logo« Pas du tout! Il y a eu des rebondissements : j'ai failli perdre celui qui est ensuite devenu mon associé ! Mais bon, finalement, en deux semaines, nous avons créé une société ensemble, il s'appelle Giuseppe Malivindi. On a trouvé des machines de grande qualité pour presque rien, grâce – si j'ose dire – à la crise. Même chose pour le bâtiment qui abrite la production, le propriétaire était tellement content de le louer qu'il nous a offert six mois de location! En tout cas, la production a commencé en juin l'année passée dans l'usine en Italie. » 

    Est-ce que cette entrée dans le monde du LED vous a ouvert de nouvelles perspectives? 

    « Absolument. Nous avons en effet pu bénéficier d'une aide à la consultance qui a littéralement été un second déclencheur. Nous avons mené un important 'brainstorming', défini des marchés à conquérir, défini les spécificités du produit que nous voulions mettre sur le marché avec une idée-clé : comment utiliser le LED pour faire un produit puissant, peu énergivore, pas trop cher et facile à utiliser. Je parle à dessein de puissance car nous nous sommes concentrés sur l'éclairage véritable, pas sur l'éclairage d'ambiance auquel on assimile encore trop souvent les LED. Grâce à notre gamme de produits, nous avons pu rentrer dans des projets qu'on n'aurait jamais imaginés auparavant. » 

    Pas facile de vous suivre dans tous ces développements! Aujourd'hui, quelle est votre métier dans les LED? 

    « Nous avons quatre activités : 

    1. une source de lumière discrète pour l’éclairage domestique, que nous vendons par exemple aux architectes, aux cuisinistes ou aux fabricants de meubles; 
    2. développement de produits LED remplaçant la source lumineuse conventionnelle. Par exemple, pour un producteur de gyrophares, nous remplaçons l'ampoule et le réflecteur par un seul LED et un réflecteur adapté. Nous travaillons aussi sur les effets de lumière avec par exemple des LED intégrés dans un tissu de fibre optique (Lightex® ); 
    3. Nous proposons aussi des solutions pour l'éclairage de terrains de sport. Par exemple, un terrain de football ou de tennis. C'est parfaitement possible! L'idée, c'est de faire en sorte que le stade soit éclairé selon les normes, tout en consommant beaucoup moins, mais que la lumière ne pollue pas l'environnement visuel au-delà du terrain, ce qui est le cas avec l'éclairage traditionnel ; 
    4. Enfin, nous avons commencé la production d’une gamme d'éclairage public avec LED. Sur ce point, nous avons d'ailleurs un projet avec l'ABE. » 
    (1) Le LED est une diode électroluminescente, c'est-à-dire un composant électronique capable d’émettre de la lumière lorsqu’il est parcouru par un courant électrique. Les LED sont considérées par beaucoup comme technologie d'avenir. D'ici à 2020, les LED pourraient représenter 75 % du marché de l'éclairage (source: wikipedia) 

    Propos recueillis par Adrien Maintiens  - février 2010

    HitalTech en bref

    Nom : Fabrizio Massimo
    Fonction: administrateur délégué
    Date de naissance : 04/03/1967
    Diplômes principaux : marketing
    Secteur d’activité : électronique
    Nombre d'employés: une vingtaine
    Principal défi pour l'avenir :arriver à mettre sur les rails tous nos projets dans l'éclairage LED
    Devise: A group of connecting technologies
    Coordonnées :  113A, chaussée de Tervuren - http://www.hitaltech.com/