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    François Macq, Administrateur Délégué de Macq Electronique

    L'entreprise est spécialisée dans les automates programmables. Elle brille en Belgique mais aussi à l'étranger, où on apprécie ses solutions qui permettent notamment d'automatiser mille et un processus, qu'ils soient ou non industriels. Un des produits-phare de la firme, sans mauvais jeu de mots, c'est une technologie permettant la lecture automatique de plaques minéralogiques... Rencontre avec François Macq, l'administrateur délégué de Macq Electronique, un homme farouchement attaché à l'indépendance de cette PME familiale mais aussi à l'innovation technologique.

    Macq Electronique vient de fêter son 85e anniversaire et, bien sûr, votre métier à beaucoup évolué depuis la création de l'entreprise par votre grand-père. Alors, d'un mot, quel est votre métier?

     « Nous aidons nos clients à automatiser des processus au moyen de nos automates programmables. Un exemple pour vous aider à comprendre : nos solutions permettent par exemple de piloter à distance les fonctions critiques dans un tunnel routier, comme l'éclairage, la ventilation, les pompes à eau, etc. C'est un travail assez vaste puisque nous concevons les automates – soit dit en passant, ils doivent être capables de 'tourner' 24 heures sur 24 et 365 jours par an – avec les logiciels appropriés mais également les logiciels destinés aux serveurs informatiques qui équipent les centres de contrôle.

    En d'autres termes, notre métier nous amène à faire de l'électronique et de l'informatique. D'ailleurs, sur la cinquantaine de salariés de l'entreprise, nous avons 25 ingénieurs. Et puis, c'est essentiel pour nous, nous investissons chaque année environ 30% de notre chiffre d'affaires en R&D. »

    Pourquoi autant investir en R&D?

    « Dans ce métier, il faut constamment innover. C'est presque obligatoire... Et puis, il faut le dire aussi, nous aimons ça ! Nous avons cette passion de l'innover et puis, aussi, un « mauvais caractère », nous avons envie d'être capables de faire tout nous-mêmes, concevoir l'automate de A jusqu'à Z, puis nous le programmons et nous l'installons chez nos clients.

    En fait, nous sommes très attachés à l'idée de continuer à fabriquer des produits belges et, je crois, pas mal de nos clients apprécient cette démarche. Cela dit, nous tirons l'essentiel de nos revenus de l'installation de nos automates chez les clients et de la maintenance, pas de leur fabrication. Mais ça marche, puisque nous en sommes tout de même à la 5e génération d'automates, certains d'entre eux tournent encore 20 ou 30 ans plus tard, je pense notamment à la Stib. »

    Quels sont les principaux clients de votre entreprise?

    « Eh bien, pendant de longues années, nos clients étaient surtout des industries, singulièrement des cimentiers. Mais avec le temps, pas mal d'entreprises industrielles ont délocalisé leurs activités vers les pays de l'Est voire plus loin encore. On s'est très vite orientés vers ce qu'on appelle le « bâtiment intelligent », l'idée étant de gérer à distance toute une série de fonction nécessaire à un immeuble, l'éclairage, le chauffage, la sécurité... Par exemple, c'est un de nos automates qui gère les palais du Heysel.

    Dans l'ensemble, je dois dire que nous avons surtout de gros clients, et c'est une chance. A la centrale nucléaire de Tihange, par exemple, nous avons installé le système de supervision. Cela dit, la tendance est claire, de moins en moins d'industriels et de plus en plus d'administrations.

    Notre gros axe de développement pour le moment, c'est le secteur du trafic routier. Ce marché est très porteur et, surtout, il évolue énormément avec un concept clé : la 'route intelligente'. Avec nos solutions, on peut par exemple sécuriser des chantiers mobiles le long des autoroutes, calculer la vitesse moyenne des véhicules, contrôler la vitesse, le poids et de l'interdistance des camions sur autoroute. Nous pouvons également installer des contrôleurs de carrefour à feux tricolores ou des centrales de coordination. La diffusion d'informations est également un vecteur clé pour les autorités publiques, avec à la clé des solutions très variées : des stations météorologiques aux abords des routes, des panneaux à messages variables, la détection automatique d'incidents et d'embouteillages, le comptage de véhicules, la mesure des temps de parcours, la modélisation du trafic. »

    macqVous dites que ce marché évolue énormément. Avez-vous des projets précis en tête ?

    « Nous venons de remporter un marché de la RATP, à Paris. Nous allons équiper des milliers de bus, trams métros et RER avec ce que nous appelons une 'boîte à chaussures'. En fait, chaque véhicule est relié au centre de contrôle par l'intermédiaire de cette boîte, qui centralise toutes les informations pertinentes concernant le véhicule, par exemple un incident éventuel. Nous, on fournit la carte électronique et le logiciel qui font 'tourner' cette boîte.

    Et puis, nous sommes leader en Europe dans les applications basées sur la lecture de plaques minéralogiques. C'est une technologie – et pas seulement un logiciel, puisqu'elle inclut notamment une caméra, un ordinateur, une connexion entre les deux et un bon illuminateur pour éclairer la plaque – que nous avons rachetée il y a quelques années à une société liégeoise. Le fait est que cette technologie est extrêmement pointue. Il se fait que les plaques minéralogiques belges sont parmi les plus difficiles à reconnaître pour des technologies de ce type. Avec cette technologie, on arrive en Belgique à en lire 85% à 90%. Mais en France, nous arrivons à 90% - 95%, ce qui est remarquable... et nous ouvre des portes intéressantes pour vendre ailleurs cette technologie. »

    Précisément : les ventes à l'étranger sont-elles importantes pour Macq Electronique ?

    « Elles représentent à peu près le quart de notre chiffre d'affaires annuel (environ 6 millions d'euros). Mais cette part va aller en augmentant. Nos solutions intéressent des gestionnaires d'autoroutes en Italie, au Portugal... Il n'est pas rare que nous soyons contactés par des clients potentiels... à qui nous avons été recommandés par l'un de nos cent clients. Du bouche à oreille très efficace ! J'ai l'habitude de dire que nos clients sont nos meilleurs commerciaux. Même si certains sont plus difficiles que d'autres... Le fait d'avoir une base de clients très large nous permet aussi d'avoir une activité assez stable dans le temps malgré des commandes en dents de scie. Mais une fois les commandes passées, les projets prennent souvent pas mal de temps, ils s'étalent parfois sur 2-3 ans. »

    Une activité assez stable ?

    « Oui, et cela nous convient très bien. Nous sommes une société familiale, ce qui nous intéresse, c'est la durée, pas les coups d'éclat. Notre objectif n'est certainement pas d'avoir 300 collaborateurs dans trois ans avec un rendement sur fonds propres à deux chiffres. Notre objectif, c'est de travailler sérieusement, de cueillir les fruits de notre R&D... et de fêter nos 100 ans ! »

    Vous êtes une société bien établie sur la place de Bruxelles. En quoi les aides publiques vous sont-elles utiles ?

    « Dans notre contexte, ce sont essentiellement des coups de pouce. Car ce sont nos clients qui nous font vivre, mais l'aide des pouvoirs publics nous apporte un plus très utile. La R&D est essentielle pour nous, je l'ai déjà dit. Nous travaillons donc en étroite collaboration avec les universités. Et grâce aux aides de l'IRSIB, l'Institut d’encouragement de la Recherche Scientifique et de l’Innovation de Bruxelles, nous bénéficions d'un financement des chercheurs universitaires qui représente jusqu'à 70% du coût total. Si nous avions dû tout financer sur fonds propres, peut-être n'aurait-on pas lancé certains projets.

    Par ailleurs, l'entreprise est localisée à Evere depuis 25 ans, sur un terrain qui a été mis à notre disposition par la SDRB, sous la forme d'un bail emphytéotique. Sans ce coup de pouce-là, on aurait peut-être quitté Bruxelles. Avec le recul, c'est une chance d'être resté ici... Pour les affaires, on est relativement neutres et on bénéficie de la carte de visite 'Bruxelles'. C'est un plus appréciable. »

    Et l'ABE ?

    « Ils ont une politique très proactive vis-à-vis des entreprises, c'est clair. Ils sont venus nous voir pour comprendre nos produits, ce que nous faisons. Ils nous ont expliqué leur travail, proposé leur aide, par exemple en matière d'aide à l'emploi. C'est d'ailleurs l'ABE qui a monté et parrainé notre dossier d'aide à l'embauche d'un ingénieur pour le développement d'un système de gestion et prévision de trafic routier. Dans le cadre de cette aide, la Région de Bruxelles-Capitale intervient à concurrence de 90% du coût salarial (salaire + charges sociales) du nouvel embauché la première année, à concurrence de 75% la seconde année, un solide coût de pousse.

    Il y a du potentiel, c'est vrai, et nous estimons que tout coup de pouce nous est utile. En même temps, nous avons toujours voulu être très indépendants, non seulement par rapport aux banques, mais également par rapport aux pouvoirs publics. »

    Propos recueillis par Adrien Mintiens

    traficanalyseQuelques références de Macq Electronique

    • Affichage des temps de parcours vers les stations de sports d'hiver dans la vallée de l'Oisans
    • L'automatisation du péage fret à Eurotunnel avec la lecture automatique des plaques minéralogiques de Macq électronique.
    • Le contrôle et le péage virtuel au tunnel de Cointe
    • Le péage virtuel au tunnel Liefkenshoek à Anvers, utilisé en cas de déviation forcée du trafic sur le ring d'Anvers
    • La gestion de la plupart des tunnels de Bruxelles, de Liège et d'Anvers
    • La télégestion des carrefours de Liège et du Luxembourg
    • La gestion hivernale du réseau routier wallon
    • La coordination des carrefours de Namur
    • La détection d'incidents et le monitoring du trafic sur le ring d'Anvers
    • La gestion du tunnel sous la baie de Hong-Kong
    • Le comptage de véhicules en région flamande, sur les autoroutes de la Région Wallonne et sur le périphérique de Paris
    • La télégestion de barrages et écluses en Belgique Etc...

    MACQ ELECTRONIQUE EN BREF

    Nom : François Macq
    Fonction: Administrateur délégué
    Date de naissance : 4 août 1963
    Diplômes principaux : 1981 latin grec, Collège St-Hubert 1982, Spéciale math, St-Louis 1987, Ingénieur Civil Option Informatique, Louvain-la-Neuve,
    1993 Master en Control Engineering, university Bradford, England
    Secteur d’activité : Electronique, Informatique
    Nombre de salariés:  48
    Défi pour l’avenir : Développer des produits à Bruxelles, pour les vendre en Europe
    Hobbies : activités en famille, bricolage, natation, ski
    Lieu : Rue de l'Aéronef, 2 1140 Bruxelles - 02-702.90.70 info@macqel.be - http://www.macqel.be