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    Gregory Blondeau, associé gérant de Proxyclick

    Une petite fringale le midi ? Envie d’un sandwich ou d’un plat à réchauffer mais pas le temps de se déplacer chez un traiteur ou dans le snack du coin ? Il y a une solution qui passe par internet : la cantine virtuelle. C’est le métier de Proxyclick, une plateforme de commerce électronique qui permet aux travailleurs d’une entreprise enregistrée de commander en ligne leur lunch auprès des snacks et traiteur affiliés. Interview avec Gregory Blondeau, associé gérant de cette PME créée il y un an. 

    Proxyclick se définit comme une cantine virtuelle. Concrètement, comment qu’est-ce que cela signifie ? Quel est votre métier ? 

    « Pour dire les choses simplement, l’utilisateur de cette cantine virtuelle, qui est mise en place par son employeur, entre sur notre site et choisit le plat principal (sandwich, salade, plat à réchauffer…), la boisson et/ou le dessert dont il a envie dans le ou les menus sélectionnés par son employeur pour ce jour-là parmi les traiteurs ou snacks affiliés proches de son lieu de travail. Plus besoin d’aller perdre du temps en faisant la file dans la sandwicherie du coin, il suffit de commander par internet et deux heures plus tard, votre commande est prête et livrée sur votre lieu de travail. Voilà pour le principe.» 

    ProxyclickMais au fond, quelle est la cible de ce site ? Les entreprises ?

    « C’est le monde de l’entreprise et c’est le midi. Le constat est simple: quand une entreprise n’a pas de cantine, ses travailleurs se tournent généralement vers une solution ‘sandwiches’. Soit ils vont individuellement dans un snack où ils commandent presque toujours la même chose, soit les commandes sont groupées et gérées par l’hôtesse d’accueil, la téléphoniste ou par tournante entre les membres d’un service ou d’un petit groupe d’amis. Il faut faire une cagnotte, envoyer un fax, rendre la monnaie, etc. Ca prend du temps, et ce n’est pas très efficace.

    Notre solution permet d’éviter tous les tracas, d’économiser les frais de livraison grâce au regroupement des commandes et surtout, elle permet à chacun de gagner du temps et du confort : c’est donc dans l’intérêt de l’entreprise aussi. Pour l’entreprise le choix est vite fait : la satisfaction des employés augmente, c’est moins cher qu’une cantine (il faut des cuisiniers, du matériel, une cafétéria, etc.), plus rapide et le choix des produits est infiniment plus large. Du reste, même les entreprises avec une cantine y trouvent un intérêt car la cantine peut préparer à l’avance les commandes reçues via le site et donc limiter la file à la caisse le midi. » 

    Comment le processus de la commande fonctionne-t-il ? 

    «Eh bien, c’est très simple. Il y a deux types de commande, la commande individuelle, payée en ligne par l’employé, et la commande de plateaux de réunion, payée par l’entreprise sur facture. Pour les commandes individuelles, le matin, notre système génère automatiquement un mail pour nos clients, leur rappelant de ne pas oublier leurs commandes. C’est important dans la mesure où ils ne peuvent plus passer commande au-delà d’une certaine heure, généralement 10h30 ou 11h – ça dépend des snacks/traiteurs.

    Une fois les commandes passées, avec tous les détails imaginables (avec ou sans cornichons, avec ou sans poivrons, etc., etc.), le système les regroupe par snack/traiteur puis génère et envoie un fax – ou un mail – pour chacun d’entre eux, de sorte qu’ils puissent préparer les commandes puis les livrer à heure et à temps. Pour les commandes réunion, ce sont les personnes autorisées à passer les commandes au frais de l’entreprise qui commandent et indiquent les centres de couts et les références spécifiques à la réunion. » 

    En somme vous avez deux types de clients : les entreprises – du moins leurs travailleurs – et les snacks/traiteurs. Mais qui rémunère votre service ?

    " Les entreprises qui utilisent notre service au profit de leurs travailleurs nous rémunèrent au travers d’une licence d’utilisation du service, qui commence à 40 euros/mois. Après, ça dépend du nombre d’utilisateurs dans la société, du mode de paiement, du nombre de commandes. Il va de soi que les snacks/traiteurs paient également pour le service que nous leur apportons, mais là, la rémunération se fait au travers d’une commission perçue sur les commandes. En échange de cette commission, nous leur apportons 4 atouts importants :

    • une présence et une forte visibilité sur internet ;
    • nous vendons nos services et donc leurs produits aux entreprises, par téléphone, par internet, par newsletters, etc ;
    • nous leur offrons un accès à une plateforme de commerce électronique qui a nécessité des milliers d’heures de réflexion et de développement ;
    • nous leur apportons aussi un service clients. Le matin, si quelqu’un a perdu son mot de passe, eux continuent à préparer, c’est nous qu’ils appellent ! » 

    logoAujourd’hui, quelle est l’ampleur de votre clientèle? 

    « Pas loin de 200 sociétés sont enregistrées chez nous et de l’autre côté, nous avons près d’une centaine de traiteurs affiliés dans tout le pays même si, pour le moment, la majorité d’entre eux se trouvent dans le grand Bruxelles, donc avec Diegem, Zaventem, etc. Nous sommes en train de rajouter de nombreux traiteurs à travers le pays car de plus en plus d’entreprises choisissent Proxyclick comme unique interface de communication et de facturation avec de multiples traiteurs, ce pour toutes les réunions organisées en Belgique. » 

    D’où est venue cette idée de créer un service de ce type ? 

    « De mon expérience personnelle et celle de mon associé Laurent Parmentier… En 2004, je travaillais à Diegem et je perdais régulièrement une heure le midi pour aller chercher le même sandwich dans le même snack médiocre dans les environs du boulot. Laurent, lui, avait déjà développé une application Internet pour répondre à ce genre de problématique. Nous nous sommes rencontrés à un moment où je cherchais quelqu’un pour développer un site internet pour une organisation caritative, et voilà… Il faut dire que nous sommes très complémentaires : lui, le côté technique très pointu, moi le côté business. » 

    L'idée remonte à 2004 et pourtant, vous vous êtes lancés à fond dans le projet "seulement" en avril 2008. Pourquoi ce délai ?

    « Tout simplement parce que nous avons littéralement incubé le projet pendant trois ou quatre ans. Nous avons d'abord développé un site en complément je dirais de nos activités professionnelles respectives de l'époque. Nous avons trouvé la première société intéressée par le service, le premier traiteur. Pendant cette période nous avons développé tout doucement le projet, ce qui nous a permis de vérifier qu'il y avait bel et bien un marché. Et puis, ça nous a aussi permis de mettre un peu d'argent de côté et, surtout, d'apprendre à nous connaître Laurent et moi, d'apprendre à travailler ensemble le tout sans être exposés à un véritable risque financier. Je crois que ce lent travail de maturation a beaucoup plu à l'ABE lorsque nous leur avons présenté la société. » 

    Le soutien que vous avez reçu à l'ABE vous a-t-il satisfait? 

    « Bien plus que cela ! Ils ont été vraiment épatants ! Au départ, je n'avais pas du tout envie de m'adresser à un organisme public, on pensait que ça allait prendre des mois et des mois. On préférait se débrouiller tout seuls.

    Mais voilà, un ami m'a convaincu que cela valait la peine, que je me trompais, que l'ABE - mais aussi la SRIB - étaient là précisément pour aider les entrepreneurs, pas pour leur mettre des bâtons dans les roues. Et de fait, quand j'ai rencontre Bruno Wattenbergh et ses collaborateurs, j'ai vraiment senti de l'enthousiasme. Nous leur avons présenté notre plan d'affaires en avril 2008 et on a décollé. Ils nous ont expliqué tout ce que nous devions savoir sur les aides accessibles à Bruxelles et nous aidé à naviguer parmi ces aides (aide à la consultance, fonds de participation, AR 123 pour les engagements, etc.). » 

    Quelles aides avez-vous obtenues? 

    « En juillet 2008, la SRIB nous a accordé un prêt qui nous a permis d’engager une première personne et de nous donner une surface financière pour valider le potentiel de Proxyclick. L’énorme avantage de la SRIB par rapport aux aides accessibles par le fonds de participation, c’est qu’il n’y a pas de garantie personnelle à apporter – ce que les banques exigent généralement quand on se finance au travers du Fonds de participation.

    Pour nous, c’était un point important pour réduire le risque déjà très grand que prend l’entrepreneur. Depuis que nous avons reçu le prêt, nous respectons parfaitement notre plan d'affaires, en termes de dépenses – on est même en-deça des prévisions – et surtout de revenus. Malgré la crise, nous avons augmenté notre volume d’affaires de 10-15% par mois en 2008, pour nous situer désormais à 10.000 lunchs commandés par mois. Mais il y a encore tellement d’entreprises à conquérir et la route est encore très longue!» 

    Et puis il y a ce prix, le B2B BeCommerce Award 2009 … 

    « Une très belle surprise alors que notre nouveau site n’est en ligne que depuis le 5 mars, et surtout quand on sait que, l’année précédente, ce prix avait été attribué à Dell ! » 

    Propos recueillis par Adrien Maintiens  - juin 2009

    Proxyclick en bref

    Nom : Gregory Blondeau
    Fonction: Associé - Gérant
    Date de naissance : 29 avril 1971
    Diplômes principaux : Ingénieur commercial KUL
    Secteur d’activité : Technologies de l’information et de la communication, service aux entreprises (B2B2C)
    Défi pour l’avenir : générer une croissance exponentielle du nombre des utilisateurs»
    Devise :  vendre, vendre, vendre ?
    Hobbies : ski, musique classique, séries télé
    Coordonnées : Proxyclick SPRL, Rue Fernand Bernier 15 à 1060 Bruxelles - Tel.: 02 534 35 50 - http://www.proxyclick.be