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    Grégory Castreuil et Laurence Lardot de Oeno TK

    Un magasin qui soit aussi un bar à vins. Ils en rêvaient... Transformer leur passion pour le vin en un projet professionnel. Ils l'ont fait! Grégory Castreuil et Laurence Ladot se sont lancés en 2006 en ouvrant leur magasin/bar à vins à un jet de pierre de la Place du châtelain. 350 références à découvrir les amateurs de bonnes bouteilles et une passion à découvrir avec cette interview sur le pouce de Grégory Castreuil. 

    Comment cette histoire d'Oeno TK a-t-elle commencé »? 

    « Par une rencontre entre deux personnes, Laurence Lardot et moi. On se croisait régulièrement mais c'est par l'intermédiaire d'un ami commun que la vraie rencontre a eu lieu, que le projet Oeno TK a pu voir le jour. Je vous dresse le tableau: je gérais un snack restaurant et j'en avais ras-le-bol. Je ne me voyais pas du tout vendre des pittas – fussent-elles « améliorées » - jusqu'à la fin de mes jours. Quant à Laurence, historienne de l'art de formation, elle travaillait dans une entreprise pharmaceutique. Mais nous avions en commun une vraie passion pour le vin et l'envie d'en faire notre métier et aussi quelque chose de nouveau. » 

    Une fois l'envie mise sur la table, comment avez-vous procédé? 

    « En faisant d'abord une étude de marché à Bruxelles. Nous voulions voir s'il y avait de la place pour un concept comme le nôtre, un magasin/caviste qui soit aussi un bar à vins. Nous n'avions pas du tout envie de faire un bar à vins qui se transforme plus ou moins en restaurant avec des vins au verre. Non, juste un magasin bar à vins. Nous voulons partager notre passion du vin avec nos clients, leur faire découvrir de nouveaux flacons, se nouveaux cépages, de nouveaux terroirs, bref des choses inattendues, pas devenir des cuisiniers qui proposent une grande quantité de vins au verre. Nous sommes donc d'abord un magasin/bar à vin. Mais, c'est vrai, nous avons aussi répondu à la demande de notre clientèle en proposant des assiettes de charcuterie pour accompagner les dégustations. Mais pas de préparation, pas de plats cuisinés, c'est un autre métier, une autre gestion des stocks, d'autres autorisations administratives. » 

    Vous parlez de proposer des choses inattendues... Cela signifie pas de vins français à la carte chez vous? 

    « Non, non, pas du tout, nous proposons pas mal de vins français, mais pas plus de 6 ou 7 références en Bordeaux - sur un total de 350 références. Il y a plein d'autres appellations à découvrir en France! Mais aussi en Bulgarie, en Grèce, en Espagne... Nous avons même des vins belges et un vin japonais! Cela dit, nous privilégions délibérément l'Europe, sans tabou sur les pays, ce qui compte, c'est la qualité du vin. » 

    Avec votre associée, vous tombez donc d'accord sur le concept. Mais ensuite? Comment avez-vous choisi cet endroit à un jet de pierre de la place du Châtelain, à Ixelles? 

    Oeno TK« Nous voulions nous installer dans ce quartier, nous avions la conviction que notre concept plairait dans ce quartier jeune, branché et avec un certain pouvoir d'achat. Quant à l'endroit, nous l'avons découvert une fois encore grâce à un pote. Il a vu que cette surface commerciale était disponible, nous a appelés, nous l'avons visitée et on a foncé. Au passage, je dois aussi préciser qu'à ce moment-là nous avons pris contact avec l'ABE... sur les conseils de notre comptable, qui savait qu'on pourrait trouver là un soutien très utile. Pour ce qui me concerne, j'avais déjà eu affaire à eux dans un autre projet il y a quelques années mais ce projet n'avait pas été aussi loin que celui-ci. J'avais cependant déjà pu bénéficier d'un coaching et de conseils très utiles. » 

    Revenons à Oeno TK. Quand le projet a-t-il démarré effectivement? 

    « En 2006. Tout s'est passé très vite. Après une discussion dans le blanc des yeux, Laurence et moi étions sur la même longueur d'onde concernant le concept. Puis nous avons trouvé l'endroit et l'avons investi comme locataires. Au même moment, création d'une sprl avec mon associée grâce à nos économies. Je dois bien dire que nous avons dû autofinancer ce projet. Nous avons pris contact avec plusieurs banques, mais elles n'ont pas voulu nous prêter quoi que ce soit, malgré un plan financier détaillé. Donc, tout en autofinancement et, c'est très important, nous avons bénéficié de la confiance et de l'aide de nos fournisseurs, des importateurs de vins. Comment ? Eh bien c'est très simple : ils nous ont accordé des délais de paiement largement au-dessus des normes habituelles, le temps pour nous d'implanter le concept. Quant à l'ABE, elle nous a aidés à peaufiner notre plan d'affaires, un point souvent sous-estimé par les jeunes entrepreneurs et pourtant essentiel. » 

    Vous a-t-il fallu consentir d'importants investissements pour vous lancer? 

    « Pas mal oui: 75.000 euros. Le plus cher, c'était l'aménagement intérieur du magasin bar à vins et, pourtant, on a choisi des matériaux pas trop chers, on a fait attention au budget. Et puis il y a le stock, c'est évidemment assez lourd comme poste. D'où l'importance du soutien de nos fournisseurs. Le succès aidant, ils ont progressivement réduit le délai de 3 mois à 1 mois et demi. Mais l'entreprise tourne pas mal. Sur le premier exercice, long de 18 mois, nous avons fait une perte de 1.500 euros, à comparer à un chiffre d'affaires de 200.000 euros. » 

    Est-ce que la crise impacte négativement vos résultats actuels? 

    « On sent la crise, c'est vrai, mais pas aussi fort qu'on aurait pu le craindre. Les clients particuliers sont toujours là, ils continuent à se faire plaisir même s'ils ont tendance à choisir des vins peut-être un peu moins chers. Il y a beaucoup d'étrangers dans notre clientèle, une majorité même, surtout issus des milieux européens. Pas mal d'Italiens, d'ailleurs, et dans la clientèle belge, beaucoup de néerlandophones... Quant au segment des entreprises, là, on sent vraiment la crise. Les sociétés ont radicalement coupé dans les budgets incentives, elles ne font pratiquement plus de dégustations. De 2/3 événements par mois, on est passé à 1 tous les deux mois. En termes de chiffre d'affaires, ça fait une différence non négligeable. » 

    Vous êtes deux associés dans cette affaire. Comment la répartition des tâches se fait-elle? 

     « On est très souvent ici à deux pour accueillir la clientèle. Nous sommes tous les deux impliqués à 100%! C'est essentiel pour la réussite d'un tel projet. Même au niveau du contenu des bouteilles: nous avons deux palais très différents, cela veut dire qu'elle aime des vins auxquels je suis peut-être moins sensible, et inversement.Sinon, Laurence gère tous les paiements fournisseurs, moi je me consacre plutôt aux événements sociétés – là je suis quasiment au chômage technique sur ce plan. Pour le moment... 

    Propos recueillis par adrien Maintiens

    Oeno TK en bref

    Nom Grégory Castreuil
    Fonction: gérant
    Date de naissance : 15 octobre 1971
    Diplômes principaux : humanités secondaires orientation science économiques
    Secteur d’activité : horeca
    Défi pour l’avenir : « Variété, c'est ma devise. »
    Hobbies : le sport ! Tennis et hockey.
    Philosophie personnelle : « Pas une en particulier, mais des principes »... et une citation de l'acteur français Jean Carmet: « La seule arme que je tolère, c'est le tire-bouchon! »
    Lieu : rue Africaine 29-31 à 1050 Bruxelles - 02-534.64. 34 - info@oenotk.be