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    Stéphanie Meyer, fondatrice de Whazup

    Il fallait sans doute un peu de folie pour ouvrir un magasin dédié aux objets/cadeaux technologiques et innovants. C’est pourtant le pari de Stéphanie Meyer. Elle a ouvert sa boutique Whazup le 21 décembre dernier. Un univers très cosy, imprégné de technologies innovantes, bien sûr, mais aussi de science-fiction et de super héros.

    Vous venez d’ouvrir une boutique rue des Chartreux, dans le centre de Bruxelles. Quel en est le concept ?

    « Je voulais ouvrir un magasin offrant au client une sélection de produits insolites et innovants, des cadeaux originaux, très ‘tendance’, très ‘fun’ qu’on ne trouve en fait dans aucune autre boutique à Bruxelles. Un univers très ‘geek’, c’est-à-dire un univers dédié essentiellement – mais pas exclusivement – à des personne passionnées, voire même obsédées, par l’innovation technologique, la science-fiction, les super héros, etc. Au départ c’est un univers très masculin, il fallait donc le compléter, faire en sorte que les nanas puissent aussi s’intéresser au concept.

    Comment en êtes-vous arrivée à décider d’ouvrir cette boutique ?

    « J’achetais pas mal d’objets en ligne. Un peu par la force des choses : l’offre est pratiquement inexistante en Belgique. Les grandes surfaces spécialisées en produits technologiques étaient – sont – assez peu attentives à ces produits ‘geek’. Les vendeurs les connaissent mal, ils sont rangés dans des rayons impersonnels. Faire ses achats dans ces conditions n’a rien de drôle. Ici chaque objet est mis en évidence, bénéficie d’un commentaire, parfois même d’une vidéo de démonstration. Tout peut être testé avec le client en magasin. On prend son temps pour ‘papoter’, échanger des expériences ; il n’est pas rare que ces échanges se poursuivent par mail. Il y a une vraie interactivité. J’édite aussi une newsletter. L’idée est de créer une communauté autour de cette activité commerciale, pas parce que c’est une activité commerciale, mais parce que c’est une passion que j’ai transformée en métier. »

    Où se trouvent vos fournisseurs ? Aux Etats-Unis ? Au Japon ?

    « Le rêve dans mon domaine, c’est le Japon… mais le gros problème, c’est l’importation. Donc mes principaux fournisseurs sont plus proches, en France notamment. Il faut reconnaître qu’Internet me facilite grandement la vie. Au total, j’ai une trentaine de fournisseurs, mais une dizaine qui sont vraiment importants. Et puis, je voudrais aussi participer aux grandes foires internationales. Il y en a quatre par an et notamment la plus importante, à Las Vegas. Mais bon, je n’ai pas les moyens d’y aller pour le moment. »

    Vous utilisez Internet pour découvrir de nouveaux produits, pour passer des commandes. Mais comptez-vous développer votre propre boutique en ligne ?

    « Pas pour le moment. La priorité consiste d’abord à développer ma boutique. C’est vrai que le commerce en ligne se développe rapidement en Belgique, mais il reste encore à des niveaux assez bas. Les gens ont encore une appréhension au moment d’utiliser leur carte de crédit pour faire un achat sur Internet. Autre frein, acheter sur Internet ne permet pas de tester ce qu’on veut acheter. Résultat : on est souvent déçu. Pas d’urgence donc, mais ultérieurement, pourquoi pas ? »

    La gestion des stocks vous pose-t-elle un problème spécifique ?

    « C’est un défi classique pour tout commerce. Le magasin a ouvert ses portes le 21 décembre. Eh bien l’essentiel du stock a été épuisé avant les fêtes. Mais je mesurais mal les délais de réapprovisionnement auprès des mes fournisseurs – ils sont une trentaine – en pleine période de fin d’année, d’inventaire aussi. Autre apprentissage à faire, les différences de réactivité entre les grands fabricants de jouets et les designers indépendants, ils ne réagissent pas du tout de la même manière… Et puis, la vraie difficulté de gestion dans mon créneau tient à la réalité du marché : les gammes et les attentes des clients se renouvellent extrêmement vite. Pour vous situer le défi, j’ai une centaine de références en magasins et une trentaine de fournisseurs, dont 10 basiques. »

    Qu’est-ce qui vous a poussée à vous lancer dans la création de votre petite entreprise ?

    « Avec une formation de psychologue à la base, j’ai curieusement commencé à travailler dans l’informatique. Mais après quelques années, je me suis lassée. L’envie de me lancer comme indépendante est venue progressivement. Je me suis jetée à l’eau en janvier 2007. J’avais envie de savoir de quoi je suis capable. Au départ, j’ai plutôt envisagé de faire quelque chose dans le commerce électronique. J’ai fait des listes de ce que je pourrais faire, je suis partie en voyage pour me ressourcer puis, surtout, j’ai commencé une formation à l’EPFC, l’enseignement de promotion et de formation continue de l’ULB et de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bruxelles. L’intérêt de cette formation à la création d’entreprise, c’est qu’elle est ciblée ‘projet’. A ce moment-là, la difficulté, pour moi, était que mon projet n’était pas tout à fait mûr dans ma tête… J’ai donc en quelque sorte brûlé une étape ! Mais, à force de réfléchir à ce projet un peu fou de vendre des gadgets high tech, je me suis prise au jeu. J’ai testé l’idée autour de moi, j’ai commencé à vraiment conceptualiser ça. »

    WhazupVous avez suivi une formation avant de créer votre entreprise mais avez-vous eu besoin d’un accompagnement professionnel pour vous lancer et, le cas échéant, où l’avez-vous trouvé ? 

    « Clairement, oui ! Mon problème majeur tenait en un point : la validation de la demande. Autrement dit, y a-t-il un marché pour le concept que je voulais mettre en place ? Il fallait donc valider le projet en faisant une étude de marché et je dois dire que les ressources de l’ABE sont extrêmement précieuses pour vous aider à mesurer ça. Mais, surtout, l’ABE m’a aidé à réétudier en profondeur mon plan financier. Et puis, on vous donne beaucoup, beaucoup d’informations utiles, par exemple à qui s’adresser pour solliciter un soutien financier, une aide. A ce propos, la Chambre de commerce et d’industrie m’a également beaucoup aidée, notamment pour peaufiner le plan financier et remplir le questionnaire détaillé qu’il fallait faire parvenir au Fonds de Participation. Mon dossier a fini par passer, non sans stress d’ailleurs : la commission chargée d’examiner les projets de financement m’a convoquée avant de prendre une décision, ce qui est une procédure extrêmement rare, liée sans doute au secteur – le commerce de détail est un secteur à risques en termes de faillites – et à la nature assez originale des produits que je vends. »

    Au bout de pratiquement deux mois d’activité, quel(s) enseignement(s) tirez-vous déjà de cette aventure ?

    « Avant toute chose je suis ravie de voir que le concept de la boutique marche. Les gens s’amusent, ils viennent au magasin pour découvrir les nouveaux objets "tendance" que je mets en vitrine, ils viennent pour discuter de leur passion, ils reviennent… Maintenant, le grand défi va être de développer le marketing. Je n’ai pas trop eu le temps jusqu’ici, mais il est important de faire connaître la boutique et son concept. La notoriété est insuffisante, malgré un dossier de presse au lancement de l’activité et quelques retombées dans les médias, en radio et en télévision notamment. Au niveau du plan financier, on est globalement dans la ligne des prévisions. Mais en même temps, il est un peu tôt pour tirer des conclusions définitives sur la question, on y verra plus clair dans quelques mois. »

    Propos recueillis par Adrien Mintiens - janvier 2008

    Nom : Stéphanie Meyer
    Date de naissance : 23/11/1975
    Situation familiale : En couple
    Diplômes principaux : Licence en Psychologie.
    Date de création de Whazup : décembre 2007
    Secteur d’activité : boutique d’objets high tech et ultra-tendance
    Défi pour l’avenir : Toujours se renouveler et continuer à étonner les clients
    Hobbies : Voyage, Internet, lecture
    Philosophie personnelle : Oser faire ce qu'on aimer
    Lieu : 14, rue des Chartreux